Intranet 2.0 et e-learning font-ils bon ménage ?

 In Collaboratif, Conférences et interventions, Intranet, Ressources humaines, Social Learning

Pour faire suite à notre précédent billet sur le salon “solutions intranet 2012”, nous vous proposons ici un retour sur le débat auquel nous avons participé “Intranet 2.0 et e-learning (LMS) font-ils bon ménage ? Ce que l’un peut apporter à l’autre, et réciproquement…”

Au nombre des constituants-clés de l’Intranet, le e-learning occupe actuellement une place loin d’être prépondérante (d’après les récentes études, bien en-deçà de la panoplie classique – messagerie, GED, audio/visio-conférence, newsletter).  Et les projets de modernisation de l’intranet 2.0 à 18 mois ne prévoient pas d’investissements significatifs en ce sens.  Pourtant l’un comme l’autre ne semblent pas destinés à évoluer en parallèle, mais plutôt à converger. Comment ? Pour quoi faire ? Quelles sont les synergies nouvelles à dégager de part et d’autre ? Nous vous proposons ci-dessous de partager avec vous notre point de vue sur ce sujet.

Pour l’Union Européenne le e-learning est « l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance. ». Changez « de l’apprentissage » en « du travail »  et ça donne une définition possible de l’Intranet. En effet, l’apprentissage étant une partie de plus en plus importante du travail, l’Intranet est en soi un outil de e-learning. Diffus, dilué, souvent invisible, quelquefois bricolé par des M. et Mme Jourdain, le e-learning évolue en même temps que l’Intranet, souvent loin des yeux des spécialistes et des responsables officiels de la formation.
C’est qu’une des caractéristiques des nouveaux Intranets sociaux est à la fois la fragmentation des contenus, et la capacité pour chacun de produire, assembler, et mettre en action des informations. Dans un Intranet « 2.0 » nous sommes tous des auteurs, donc tous des formateurs, et les contenus de formation changent continuellement : l’Intranet est un outil de « day long learning ». Alors, plus de e-learning ? Dilué dans l’Intranet comme le sucre dans le café ? Non, pas plus que la communication ne disparaît dans l’Intranet mais se transforme radicalement, le e-learning ne disparaît pas mais est appelé à se renouveler.

Le e-learning souffre (comme le Knowledge Management) d’une mauvaise image, car il est pour beaucoup synonyme de gros projets d’automatisation du processus d’apprentissage orienté top-down avec une débauche de moyens multimedia et autres réalités virtuelles combinée avec un contrôle de l’apprenant digne du programme Echelon. Avec le succès que l’on sait au niveau de l’utilisateur final. Son dernier avatar, le serious game, ayant battu tous les records en termes de budget et de poudre aux yeux. Heureusement, on commence à se calmer du côté de ce qu’on devrait appeler le e-teaching, ce qui laisse la place aux jeunes pousses, micro learning, social learning, commoncraft learning, peer-to-peer learning, DIY learning, etc.
Et si au lieu de parler d’e-learning, on parlait de learning ? et de teaching ? (ambiguïté du français qui utilise le même mot, apprendre, pour les deux termes). Un nouvel intranet, c’est l’occasion de se reposer la question de l’apprentissage: celui des personnes, des équipes, de l’entreprise, plutôt que de construire des outils 2.0 dans un esprit 1.0.
Enfin, il faut déployer une panoplie très vaste d’approches : on n’enseigne pas les savoir-faire comme les savoir-être, la technique comme le management, etc. et surtout, dans un monde qui change vite, beaucoup de connaissances dont votre entreprise a besoin, sont encore à construire…

Pour conclure ce billet, nous proposons de retenir les messages-clés suivants :

1er message :
Nous vivions dans un monde taylorisé où tout était séparé : les fonctions, les processus, les métiers. En formation, les acteurs sont bien catégorisés : organisateurs, auteurs, formateurs, apprenants, chacun à sa place ; les temps de la formation bien séquencés : production, organisation, apprentissage, contrôle, -et dernièrement, “collaboration”, pour faire 2.0-; les lieux, bien cloisonnés : cours, document, exercice, test, forum, web.  Le nouvel e-learning sera un lieu de brassage des rôles, des temps, des lieux, ouvert sur le monde externe. Ce ne sera pas facile, mais ce sera vivant.

2ème message :  
Plus on visionne et télécharge de musique sur Internet (tiens, pourquoi ne parle-t-on pas de e-musique ?), et plus les salles de concert se remplissent. Votre stratégie e-learning doit inclure des moments live, et jouer sur l’interaction entre le digital et le physique, voire leur interpénétration. Le nouvel e-learning, ce n’est pas plus d’automatisation, c’est plus d’humain.

3ème message :
Avant de lancer un programme de e-learning, ou d’acheter un produit, définissez votre stratégie, recensez les initiatives existantes ou potentielles, séparez les types d’apprentissage, appuyez-vous autant sur les “ex-pairs” que sur les experts, car ils sont encore enthousiastes, ont envie de partager leur savoir neuf, et comprennent mieux ceux qui ne comprennent pas, intégrez-vous dans les autres dynamiques de l’entreprise.

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