Tribune Libre

Le nouvel Ecosystème internet : promesses et défis pour les services de demain, interview Joël de Rosnay par Richard Collin

Joël de Rosnay
Président exécutif de Biotics International
Conseiller du Président de la cité des Sciences et de l’industrie de La Vilette
Interview de Richard Collin

Conférence Enterprise 2.0 2009, retour de Boston

Entreprise 2.0L’année 2009, pour la conférence Enterprise 2.0, est à la fois celle de la consolidation et de la prise en compte des problématiques concrètes.

Se plonger pendant quatre journées intenses dans un séminaire de réflexion et de débats sur ce qui se fait de plus avancé en termes de technologie et de management de l’entreprise connectée, avec quelquefois quatre sessions en parallèle, des « unconferences » et « evening in the cloud » qui se prolongeaient hors des horaires, est une expérience forte.

Plus de 1 500 participants, le top 30 des éditeurs et des penseurs du domaine, accessibles à toute discussion et controverse, tous davantage dans une attitude d’écoute que de prêche, m’ont donné à réfléchir et agir pour une année entière. Bien sûr, quelques lieux communs, bien sûr, par rapport à l’an dernier, quelques rediffusions d’idées ou de formules. Mais après tout, elles n’étaient là que pour nous permettre de consolider nos points de vue, et de préparer nos têtes surchauffées aux idées neuves, aux questions difficiles, aux histoires vécues d’entreprises qui étaient en train de basculer, réellement, dans de nouveaux modes de travail et de management.

Impossible dans une chronique de faire la somme de ce que j’y ai vu. Mais si le sujet vous intéresse, vous pouvez trouver la quasi intégralité des sessions en vidéo, avec les présentations, les commentaires, les discussions en ligne des blogueurs présents (nous l’étions pratiquement tous), sur le site www.e2conf.com, et les omniprésents tweets [message instantané de 140 caractères maximum, NDLR] par milliers. Vous les retrouvez pour l’ensemble de la conférence en suivant ce lien ou cet autre, et pour chaque conférence en cherchant le hashtag (mot-clé) correspondant dans le moteur de recherche Twitter, par exemple #e2conf46 pour la session sur le développement de communautés durables, à laquelle participait Richard Collin.

Une générosité qu’on aimerait trouver parmi les organisateurs de nos conférences nationales. Tout le monde tweetait avec ardeur, et rebondissait sur les mini-phrases des autres, créant des mini-conversations, comme un nuage de sens au-dessus du flot des sessions. Phénomène étrange, compréhensible seulement en le vivant en direct, et qui m’a par exemple permis de faire connaissance (autour d’un verre) avec des participants dont les tweets m’interpellaient et avec lesquels ma timidité naturelle aurait empêché un contact direct.

Et puisqu’il faudrait des semaines pour tout regarder et écouter, nous avons fait quelques synthèses, exprimé quelques opinions, retenu quelques leçons. Vous pouvez les lire ici, nous y publierons aussi les interviews (sous-titrées) de quatre acteurs parmi les plus importants de la conférence : son organisateur Steve Wylie, Andrew McAfee, professeur à Harvard et auteur d’un blog très suivi, l’expert en entreprise 2.0 Dion Hinchcliffe et enfin Walton Smith de Booz Allen Hamilton, responsable du projet qui a eu le prix du meilleur projet entreprise 2.0 2009.

D’autres blogueurs francophones comme les Canadiens Claude Malaison et Pascal Veilleux ont rendu compte de cet événement. Et si j’osais résumer les thèmes abordés avec une vingtaine de mots qui ont représenté les thèmes les plus discutés, les voici : twitter, sharepoint, e-mail, open source, logiciels sociaux, nuages pour le côté technologie, et transparence, ouverture, viralité, sécurité, confidentialité, résilience, génération F, community manager pour l’aspect humain et organisation

Article paru dans 01Net.pro

Des outils pour changer les pratiques professionnelles

Richard collinActiver les talents, favoriser le mode participatif et la coopération deviennent les nouveaux enjeux de l’entreprise de demain. Les réseaux sociaux accompagnent cette transformation.
Etendue à ses fournisseurs et, de façon plus générale, aux différents acteurs de son marché, l’entreprise devient partie intégrante d’un véritable écosystème dont les réseaux sociaux deviennent les moteurs. Si le concept de réseaux sociaux n’est pas nouveau, la maturité des technologies mises en œuvre confère en revanche à leurs membres des capacités décuplées d’interaction.

Que penser de l’appel à projet Web 2.0 et serious gaming du gouvernement ?

sgAvant tout quelques chiffres. Le marché français du jeu vidéo représente 6,7 % du marché mondial, celui des serious games seulement 0,6 % : le transfert de compétences d’un secteur à l’autre s’impose en effet. Le marché professionnel du Web 2.0 pèsera 4,6 Md$ en 2013 selon Forrester, ce qui correspond à une croissance annuelle de 46 %.  Ce serait dommage de rater le train !

On apprend beaucoup de choses de l’appel à projet du gouvernement et d’abord une définition courte et efficace du Web 2.0 : « Les services participatifs et sociaux sur Internet ». Participatif : où les internautes agissent.  Sociaux : où ils interagissent. Limpide. Ensuite, l’orientation clairement professionnelle de l’appel : sérieux, les jeux ; pour les entreprises, le Web 2.0.

Enfin, l’ouverture vers les projets de nouveaux usages, au delà des technologies ! C’est, je l’espère, un début de prise de conscience que pour le Web – qu’il soit Internet ou Intranet – la technologie ne suffit pas pour faire basculer les usages et la culture d’une logique hiérarchique et cloisonnée vers une dynamique en réseau et ouverte. On ne peut pas utiliser avec efficacité les outils 2.0 avec une culture 1.0, et les entreprises doivent être accompagnées et formées pour combiner leur culture avec ces nouvelles approches. Le coût décroissant des outils Web 2.0 ne doit pas masquer le nécessaire investissement en services et formation.

Sur quel terrain, en ce qui concerne le Web 2.0, arrive cet appel d’offres ? Côté éditeurs, nous n’avons pas en France à rougir de la comparaison avec les Etats-Unis ou avec le reste de l’Europe. AffinitizBluekiwiFeedback 20, Jamespot, PersonallPortaneoSlideoTalkspiritXwikiYoolink sont toutes des solutions dédiées aux entreprises, déjà technologiquement mâtures, développées par des sociétés françaises (eh oui, le nom est trompeur) et dont le marché est international (mes excuses à ceux que j’ai oublié, merci de vous signaler).  Un coup de pouce pour leurs innovations sera le bienvenu. Côté sociétés de services, l’offre est plus jeune, comme d’ailleurs la prise de conscience d’un besoin d’accompagnement des usages, mais la présence de quatre d’entre elles pour la première fois au Salon Intranet 2009 est un signe encourageant.

Certes le délai est bien court pour le dépôt de dossier (avant le 6 juillet) et comme le souligne l’article de 01net., les examinateurs auront plus de temps pour étudier les dossiers que les candidats pour les rédiger, mais cela privilégiera des projets déjà en gestation, donc courageux en ces temps d’investissement frileux.

Bonne chance donc aux candidats, et rendez-vous en septembre pour les résultats.

Marc de Fouchecour, article publié sur 01net pro

Outils Web 2.0 : le piège de la facilité

Il faut moins d’une demi-heure pour se créer un réseau social. Mais cette simplicité d’utilisation cache une complexité des usages.

Social NetworkSur le Web, aujourd’hui, non seulement les outils sont faciles à utiliser et « intuitifs », mais ils sont souvent d’autant plus aisés à installer qu’ils sont hébergés (modèle SaaS : software as a service). Sans parler des blogs ni des wikis, il faut moins d’une demi-heure pour créer votre réseau social avec Ning, pas plus pour un site participatif avec Google, Affinitiz, etc. La liste est longue.

Comment refondre son intranet quand on ne sait pas ce que l’on veut ?

MArc de FouchécourVotre mission : concevoir, réaliser et mettre en place le futur intranet de votre entreprise. Celui qui sera vraiment utilisé…

Vous savez, celui qui sera vraiment utilisé par tous les employés pour être mieux informés, plus efficaces et plus innovants individuellement et collectivement. Celui que les employés ne déserteront pas pour LinkedIn, Facebook et Google docs…

Trois constats s’imposent : 

  • au démarrage, souvent, vous ne savez pas plus ce dont vous avez besoin qu’un cocher du XIXe siècle à qui on aurait demandé de définir les spécifications de la prochaine Renault. Inutile de demander aux utilisateurs finaux, sauf s’ils sont digital natives, mais attention ils sont aussi souvent digital naïves.
  • vous n’arriverez pas à comprendre comment les outils Web 2.0 vont changer vos modes de travail et de communication en lisant la liste des fonctions, mais en les utilisant au jour le jour. 
  • vous avez besoin d’objets d’échanges entre vous et les fournisseurs de solutions : une navette, voire une patate chaude, qui contient des significations partagées sur le projet.

Que faire ? Vos éléments de base pour dialoguer sont en général des histoires (vision, business cases), des images (maquettes) et des listes (les spécifications). Classiquement, les systèmes d’information et SSII lisent surtout les listes, vous demandent de les valider et, pire encore quelquefois, de les écrire ! C’est ce qui se passera sans doute si vous demandez à votre responsable SI, à votre éditeur actuel (vous savez, celui qui s’occupe déjà de votre système d’exploitation) ou à une SSII intégrateur. Toutes entités compétentes pour résoudre les problèmes compliqués, ceux qui s’analysent et se simplifient à l’aide de listes.

Cherchez plutôt un interlocuteur qui s’intéresse à vos histoires et à vos images. L’intranet le plus abouti que j’ai vu aux dernières Rencontres intranet était celui de Dassault Systèmes. Le pilote du projet était présent, à côté du responsable du développement. Le premier expliquait qu’il avait rédigé à cette occasion le premier cahier des charges de sa vie. Et demande à son voisin : “ Tu l’as lu ? 
- Non. ” ;-)

Pourquoi le résultat était-il aussi bon ? Parce que les développeurs ont su traduire les histoires en spécifications et qu’ils ne faisaient pas valider les listes, mais leur traduction directe sur l’écran en scénarios (histoires et images). Aujourd’hui les histoires et les images ne sont plus sur papier, mais sous forme de maquettes fonctionnelles développées pratiquement en temps réel.

Comme vous n’avez sans doute pas la chance – et moi non plus – d’avoir sous la main une équipe de développeurs comme celle de Dassault Systèmes, comment faire ? Une des solutions est de choisir un éditeur réellement engagé dans les technologies 2.0, d’utiliser en situation réelle pendant quelques semaines ou mois ses solutions (en étant accompagné pour vous engager concrètement dans de nouveaux usages), de choisir ses produits sur un critère degood enough (pas de fossé critique) et sa vision sur un critère de best of. Puis lui faire confiance : si la vision est bonne, les fonctions suivront. C’est ce qu’a fait Valeo avec Google Apps.

Cerise sur le gâteau : vous allez découvrir des fonctions dont vous ignoriez avoir besoin et des usages dont vous ne soupçonniez pas l’existence. Et si finalement vous ne choisissez pas cet éditeur, vous aurez au moins atteint un résultat important : vous saurez mieux ce que vous voulez et aussi ce que vous ne voulez pas !