Sony et MITRE : deux organisations qui repoussent leurs frontières

Difficile de pointer un cas en particulier lors de cette Enterpriser 2.0 conference de Boston. La raison en est simple : après trois années de partages de bonnes pratiques entre pairs, les méthodologies s’uniformisent, les best practices se transmettent et le succès se banalise. Si, lors des éditions précédentes, on arrivait toujours à identifier la « rockstar» , le cas « inspirant»  qui ouvrait la voie et suscitait des vocations, cette année j’ai plutôt choisi de partager deux cas plus qualitatifs, symptomatiques de tendances lourdes.

Inutile de vous présenter SONY. MITRE est une structure à but non lucratif née en 1958 ayant pour mission d’apporter support, veille et recherches dans le domaine de l’ingénierie à l’US Air Force. Qu’est ce que ces deux structures ont en commun ? La prise en compte de l’effacement progressif de la frontière entre l’intérieur et l’extérieur de l’entreprise et la nécessité de faire en sorte que les outils de travail permettent de tisser des synergies entre ces deux mondes qui s’auto-influencent en permanence.

Chez MITRE cela vient de la nature même de l’activité de l’organisation : ils ont besoin de capter de l’information émanant de leurs propres collaborateurs mais également de partenaires, d’académiques, voire d’anciens collaborateurs, d’assembler le tout et le restituer avec valeur ajoutée. Soumise à des contraintes de sécurité drastiques vu son secteur d’activité, l’organisation doit, pour être efficace, travailler au delà de silos internes et externes, ce qui peut sembler à première vue paradoxal et incompatible. A ce jour la plateforme mise en place (et en évolution permanente au gré des feedbacks) accueille 500 personnes externes, membres de 200 organisations, au sein de 200 groupes et communautés dédiées au partage de pratiques, au networking, aux relations avec les universités ou à l’engagement social. Le système est en pleine évolution afin de permettre d’ici peu plus de facilité d’accès avec la possibilité pour les membres des organisations partenaires de rejoindre la plateforme à leur propre initiative, sans invitation préalable.

Chez Sony on a affaire à un mécanisme inverse : non pas une entreprise contrainte de s’ouvrir pour avancer (et dont la dynamique vient de l’intérieur) mais une entreprise qui pour devenir la marque préférée du consommateur doit changer sa manière de faire et a conscience qu’il ne s’agit pas que d’un effet style destiné au grand public mais que cela doit, pour être cohérent, s’accompagner également d’une mutation interne.

L’entreprise, d’un coté, s’investit en terrmes de marketing et de « social crm»  sur des outils tels que Facebook, Twitter etc… Pour être cohérent, il faut alors que les employés deviennent également les ambassadeurs de la marque, donc qu’ils aient les comportements « sociaux»  adéquats afin de porter les valeurs de l’entreprise. Ces dits comportements doivent bien sur être habiltuels et maitrisés au quotidien pour, bien sur, que l’entreprise soit en confiance avec ses collaborateurs.

Sony s’est vite rendu compte qu’il n’y avait pas une infinité de manière pour arriver à ce résultat : il fallait que le modèle de travail, d’échange et de communication dans l’entreprise corresponde à ce que l’on voulait mettre en place dans les relations avec l’extérieur. Donc utiliser des outils similaires et aligner les pratiques internes vers quelque chose de plus communautaire, intéractif, laissant la part belle à l’expression de l’individu au sein du groupe.

Au travers de ces deux cas c’est une tendance forte qui s’exprime, identifiée à maintes reprises ces temps derniers et qui est fréquemment revenue à la fois dans les sessions et lors du debriefing de conclusion de la conférence : les logiques de médias sociaux internes et externes, même si elles conservent des spécificités, s’impactent tellement l’une et l’autre qu’elles ne peuvent être pensées indépendamment et deviennent, au final, les composantes d’une stratégie unique au lieu d’être séparées entre la communication externe d’une part et le collaboratif interne d’autre part.

On en reparle bientôt ici…

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