Archive for avril, 2009

Outils Web 2.0 : le piège de la facilité

Il faut moins d’une demi-heure pour se créer un réseau social. Mais cette simplicité d’utilisation cache une complexité des usages.

Social NetworkSur le Web, aujourd’hui, non seulement les outils sont faciles à utiliser et « intuitifs », mais ils sont souvent d’autant plus aisés à installer qu’ils sont hébergés (modèle SaaS : software as a service). Sans parler des blogs ni des wikis, il faut moins d’une demi-heure pour créer votre réseau social avec Ning, pas plus pour un site participatif avec Google, Affinitiz, etc. La liste est longue.

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Yammer, un moyen simplissime de s’initier à l’entreprise 2.0

yammerJe travaille depuis plusieurs mois maintenant avec Yammer. Si vous connaissez Twitter, c’est la même chose, mais pour les entreprises. Sinon, on peut dire que c’est aujourd’hui un des moyens les plus simples de se familiariser avec l’entreprise 2.0, de basculer des technologies de l’information à celles de la relation.

Avec Yammer, je communique avec les collaborateurs de mon entreprise (et eux seulement). A tout moment de la journée, quand je commence un travail ou que je l’envoie, quand je reçois une information intéressante pour les autres ou rencontre un problème que je ne peux résoudre seul, j’envoie un court message. De mon ordinateur ou de mon téléphone. Pendant que j’y suis, je lis les messages envoyés par mes collègues. Et j’y réponds, si je peux et si je veux.

Rien d’obligatoire, dix minutes par jour. Aussi simple que les SMS qu’on s’envoie tous les jours entre amis.

yammer1A qui ça sert ? Aux personnes qui ont besoin de rester en contact avec des collègues qui ne sont pas dans le même bureau.

A quoi ça sert ? 

  1. Surtout à rester (ou me remettre) en contact, en lançant et recevant de petits signaux. Le sociologue Yves Winkin affirme que « la communication, quel que soit son support technique, c’est avant tout de la relation. L’information transmise reste toujours secondaire ». Je construis et alimente ainsi des relations qui seront à la base de mon réseau social interne. 
  2.  Je m’habitue à penser relation au lieu de communication, activité au lieu d’information. 
  3.  Je m’initie simplement à l’utilisation de tags (mots-clés). 
  4.  Je dé-formalise mes relations avec les autres. 
  5. C’est un moyen soft de m’habituer à savoir à quoi je passe mon temps, sans la terrible contrainte du time-tracking. 
  6. L’outil est tellement simple que j’en ai fait rapidement le tour et je ressens d’autres besoins : système de questions, définition de groupes, moteur de recherche, etc. que je n’aurais pas pu exprimer clairement auparavant et qui me donnent envie d’aller plus loin.

Yammer a déjà beaucoup évolué depuis son lancement en septembre 2008, et des concurrents voient le jour, comme socialcast, plus riche en fonctions, mais encore sans réel client PC et téléphone. D’autre part les plates-formes orientées « réseaux sociaux » comme blueKiwi, intègrent maintenant ce type de fonctions en interne.

Table ronde “Tout sur l’entreprise 2.0 “: Intervention en vidéo de Richard Collin

 boostzonethumbnailLe 24 octobre dernier, dans le cadre de l‘institut Boostzone, se tenait la première table-ronde d’une série de trois dédiées à l’Entreprise 2.0.

Cette table-ronde, consacrée à la Transformation des Usages, était animée par Miguel Membrado.
Sont intervenu en tant qu’expert et praticiens, Marc de Fouchécour -Nextmodernity- , Hervé Dumas -Valeo- et Bertrand Duperrin -bluekiwi-

Richard Collin, qui devait également participer à l’événement n’a pas pu être présent physiquement et a donc produit une vidéo sur sa pensée de l’Entreprise 2.0 afin d’apporter son point de vue :


Article qui traite de la table ronde du 24 octobre:
Entreprise 2.0 et transformation des usages : quelques pensées en passant … par Bertrand Duperrin

Olivier Vassal : Le changement sans fin

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Le changement sans fin  par Olivier Vassal, Senior Executive Boston Consulting Group
Editions Village Mondial, Pearson Education, 
Interview Catherine Fournier-Montgieux pour Nextmodernity.

En ces temps de déstabilisations en cascade, l’auteur aborde avec recul la notion du changement dans l’entreprise, changement à voir non pas comme une contingence mais comme une opportunité à donner du sens à l’action collective.

Pourquoi l’entreprise doit-elle changer ? Est-ce, comme on le dit parfois à ceux qui doutent ou s’interrogent, « parce que nous n’avons pas le choix » ?

La question du pourquoi changer est clé. Même dans un monde où les injonctions au changement sont quotidiennes. La plupart des directions ont perdu de vue l’importance et la nécessité d’argumenter sur cet aspect. Pressées de toutes parts d’obtenir des résultats elles se focalisent sur les modalités opérationnelles de ce qu’elles imaginent comme peu discutable et peu sujet à débat. Lorsqu’argumentation il y a, celle-ci s’organise autour d’un discours qui ne varie pas. Son registre est celui de la contrainte, sa rhétorique une fausse alternative du type s’adapter ou périr. C’est la plupart du temps un « non-choix » qui est présenté, dont la première des conséquences est de mettre les organisations et leurs membres dans la position de celui qui subit son destin, davantage qu’il ne le maîtrise.
Il ne faut pas chercher plus loin l’explication au fait que dans nombre d’entreprises, comme dans la société en général, changer c’est d’abord subir. Au motif que « nous n’avons pas le choix », tout changement s’apparente souvent à un renoncement sinon à un sacrifice : fusionner parce que nos concurrents nous y obligent, réduire nos coûts parce que les marchés nous l’imposent, fermer parce que l’âpreté de la concurrence l’exige, …

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Comment refondre son intranet quand on ne sait pas ce que l’on veut ?

MArc de FouchécourVotre mission : concevoir, réaliser et mettre en place le futur intranet de votre entreprise. Celui qui sera vraiment utilisé…

Vous savez, celui qui sera vraiment utilisé par tous les employés pour être mieux informés, plus efficaces et plus innovants individuellement et collectivement. Celui que les employés ne déserteront pas pour LinkedIn, Facebook et Google docs…

Trois constats s’imposent : 

  • au démarrage, souvent, vous ne savez pas plus ce dont vous avez besoin qu’un cocher du XIXe siècle à qui on aurait demandé de définir les spécifications de la prochaine Renault. Inutile de demander aux utilisateurs finaux, sauf s’ils sont digital natives, mais attention ils sont aussi souvent digital naïves.
  • vous n’arriverez pas à comprendre comment les outils Web 2.0 vont changer vos modes de travail et de communication en lisant la liste des fonctions, mais en les utilisant au jour le jour. 
  • vous avez besoin d’objets d’échanges entre vous et les fournisseurs de solutions : une navette, voire une patate chaude, qui contient des significations partagées sur le projet.

Que faire ? Vos éléments de base pour dialoguer sont en général des histoires (vision, business cases), des images (maquettes) et des listes (les spécifications). Classiquement, les systèmes d’information et SSII lisent surtout les listes, vous demandent de les valider et, pire encore quelquefois, de les écrire ! C’est ce qui se passera sans doute si vous demandez à votre responsable SI, à votre éditeur actuel (vous savez, celui qui s’occupe déjà de votre système d’exploitation) ou à une SSII intégrateur. Toutes entités compétentes pour résoudre les problèmes compliqués, ceux qui s’analysent et se simplifient à l’aide de listes.

Cherchez plutôt un interlocuteur qui s’intéresse à vos histoires et à vos images. L’intranet le plus abouti que j’ai vu aux dernières Rencontres intranet était celui de Dassault Systèmes. Le pilote du projet était présent, à côté du responsable du développement. Le premier expliquait qu’il avait rédigé à cette occasion le premier cahier des charges de sa vie. Et demande à son voisin : “ Tu l’as lu ? 
- Non. ” ;-)

Pourquoi le résultat était-il aussi bon ? Parce que les développeurs ont su traduire les histoires en spécifications et qu’ils ne faisaient pas valider les listes, mais leur traduction directe sur l’écran en scénarios (histoires et images). Aujourd’hui les histoires et les images ne sont plus sur papier, mais sous forme de maquettes fonctionnelles développées pratiquement en temps réel.

Comme vous n’avez sans doute pas la chance – et moi non plus – d’avoir sous la main une équipe de développeurs comme celle de Dassault Systèmes, comment faire ? Une des solutions est de choisir un éditeur réellement engagé dans les technologies 2.0, d’utiliser en situation réelle pendant quelques semaines ou mois ses solutions (en étant accompagné pour vous engager concrètement dans de nouveaux usages), de choisir ses produits sur un critère degood enough (pas de fossé critique) et sa vision sur un critère de best of. Puis lui faire confiance : si la vision est bonne, les fonctions suivront. C’est ce qu’a fait Valeo avec Google Apps.

Cerise sur le gâteau : vous allez découvrir des fonctions dont vous ignoriez avoir besoin et des usages dont vous ne soupçonniez pas l’existence. Et si finalement vous ne choisissez pas cet éditeur, vous aurez au moins atteint un résultat important : vous saurez mieux ce que vous voulez et aussi ce que vous ne voulez pas !

Le Web 2.0 en entreprise, ce n’est pas tout à fait le Web 2.0

Rapidité, liberté, facilité, profusion, personnalisation… Si la richesse et le dynamisme du Web 2.0 peuvent enthousiasmer, il véhicule aussi des craintes plus ou moins justifiées : désordre, culte de l’amateur et mort de l’expert, perte de qualité, perte de temps, vol de notre identité voire de nos propriétés intellectuelles.

En entreprise, milieu plus limité et plus centré qu’Internet, les usages du Web 2.0 revêtent une autre forme, qui pourraient presque nous convaincre que nous pouvons avoir les qualités du Web 2.0 sans en subir les défauts. Le Web 2.0 en entreprise se conjugue à un système sous-jacent qui induit au moins six différences importantes : 

  1.  On sait qui parle (ou écrit) : les contenus sont signés d’un vrai patronyme, pas avec un pseudo. Les informations conduisent à un collaborateur identifié. Tous font partie de l’entreprise ou de son environnement proche. 
  2. On sait à qui on parle : qui lit vos notes, consulte votre profil, etc. 
  3. Les objectifs sont partagés : la réussite de son entreprise, de son projet, de sa communauté d’expertise (même si les moyens ne le sont pas toujours). 
  4.  Les langages sont communs ou voisins, ce qui facilite la compréhension et laisse plus de place à l’implicite. 
  5. Les utilisateurs sont dans une dynamique de projets et de résultat : leurs productions, leurs lectures et leurs parcours sont orientés par cette dynamique. 
  6. L’organisation et la hiérarchie influent sur les usages : orientent, structurent, mais peuvent aussi inhiber ou biaiser les comportements.